mercredi 25 février 2026
Séricyne : la soie naturelle non tissée qui relance la sériciculture française
Le procédé Séricyne, imaginé par Clara Hardy pour produire une soie naturelle non tissée, a permis à la sériciculture de renaître en France. Cette soie nouvelle génération séduit aujourd’hui l’industrie du luxe.
Totalement disparue des Cévennes — qui furent pourtant, de la fin du XVIᵉ siècle jusqu’au milieu du XXᵉ, l’un des principaux bassins économiques liés à la soie —, la filière connaît depuis quelques années un retour remarqué, impulsé par une entrepreneure normande.
En 2013, Clara Hardy, alors étudiante en Design & Innovation à l’École Boulle (dont elle sortira major de promotion), doit travailler sur un projet innovant autour de la production d’une matière textile.
À l’origine, un projet d’étude
Son attention se porte sur la soie et plus précisément sur le processus de fabrication du fil par la chenille du bombyx du mûrier. Attirée par l’histoire et le potentiel de cette matière, elle souhaite explorer une manière différente, plus originale, de la travailler.
L’absence quasi totale de sériciculture en France ne constitue pas un frein, bien au contraire.
Pour Clara Hardy, travailler sur une fibre peu étudiée représente une véritable opportunité. Elle part alors à la découverte d’une filière qu’elle doit apprendre de zéro : direction l’Asie et la Turquie, où la sériciculture est encore bien implantée, mais aussi les Cévennes et l’Ardèche, où subsistent quelques passionnés élevant des vers à soie à petite échelle, souvent pour des écoles ou des musées.
Peu à peu, une idée s’impose : supprimer l’étape du cocon — habituellement chauffé pour être dévidé afin d’obtenir le fil — et inciter le ver à tisser directement sur des moules, à la manière d’une imprimante 3D. L’étudiante tient alors son innovation.
Breveté en 2015 sous le nom de Séricyne, le procédé n’attend plus que sa concrétisation industrielle. Si Clara Hardy envisage un temps de développer son activité à l’étranger, elle comprend rapidement que Séricyne peut devenir une opportunité unique de réintroduire durablement la sériciculture en France.
Source : Marcelle les médias de solutions