26 et 27 mai 2020 Carreau du Temple - Paris - France La rencontre capitale des acteurs du packaging de luxe

Petite leçon de zamac by Segede

Petite leçon de zamac by Segede

Le 20/05/2019

Lors de Édition spéciale by Luxe Pack, l’orfèvre des capots, Segede Industrie, présentera son dernier bouchon en zamac galvanisé, réalisé pour le cognac XO Courvoisier. L’occasion – ou jamais – d’opérer une mise au point sur cet alliage champion en termes de naturalité et de recyclabilité qu’est le zamac.

Passé des coulisses de l’industrie mécanique aux feux de la rampe du packaging, le zamac est l’exemple même du matériau couteau suisse. Initialement utilisé pour des pièces industrielles techniques comme des carburateurs de Solex ainsi que pour façonner des récompenses militaires et sportives avant d’être récupéré en maroquinerie – où il viendra se substituer au laiton -, le zamac n’a jamais cessé d’affirmer son incroyable flexibilité. « Métallisé, galvanisé, sérigraphié, verni ou encore ciselé au laser – et bien sûr injectable à façon pour obtenir des formes sur mesure -, le zamac se prête à toutes les géométries et à toutes les techniques de parachèvement et d’embellissement », pointe Jean-Pierre Trescartes, président de Segede Industrie.

Utilisé depuis plus de quarante ans sur les segments de la parfumerie comme des vins et spiritueux, il reste pourtant relativement méconnu : « Sur les marchés du luxe, le zamac est plébiscité pour son caractère premium tant du point de vue visuel que sensoriel (poids en main, toucher métal) mais peu de personnes savent que par-delà ses qualités esthétiques, le zamac est aussi un matériau parfaitement écologique ».

Recyclable à l’infini

Démonstration : « Le zamac est d’abord un alliage constitué à 95% de zinc et pour les 5% restants de cuivre, d’aluminium et de magnésium dans des proportions variables, or ces différents minerais sont non seulement recyclables à l’infini mais ce sont également des matières premières entièrement naturelles », explique Jean-Pierre Trescartes. « Mieux : des process existent qui permettraient de recycler et de valoriser le zinc et le zamac en circuit fermé dès lors que ceux-ci n’ont pas été revêtus de vernis ». Filières qui ne demanderaient qu’un peu de (bonne) volonté financière pour être (ré)activées.

Que les choses soient donc claires : en finition galvanisée (traitement par électrolyse), le zamac constitue bien une alternative 100% écologique au plastique. Reste la question des traitements de surface : « Aujourd’hui encore, de nombreuses marques privilégient les questions d’esthétique au détriment de la durabilité. Comme toute matière – vivante ou inerte -, métaux et alliages s’oxydent ce qui peut induire avec le temps un léger ternissement. Conséquence : les marques optent souvent pour des finitions à base de vernis ou de métallisation qui s’avèrent bien sûr moins écologiques ».

Shabby chic

Ce qui n’a pas été le cas de la Maison de cognac Courvoisier : contre la suprématie du tout brillant et les effets de mode (dépose de vernis colorés à effet or rose ou vieux cuivre), la Maison a en effet opté pour du galvanisé, tranchant en faveur de l’écologie. « Il n’existe pas de solution idéale », souligne Jean-Pierre Trescartes, « seulement des compromis ou plus exactement des compromis moins mauvais du point de vue environnemental que d’autres ».

Et de conclure : « À terme, il est évident que les marques ne pourront pas faire l’économie du green mais pour l’heure, en période de transition – et d’urgence -, elles sont confrontées à leurs propres contradictions ». Méconnaissance ou duplicité ? Jean-Pierre Trescartes ne se prononcera pas. Mais dans l’ambiguïté ambiante, le bijoutier ès capots, a parfois le sentiment à l’instar de nombre de ses confrères de se trouver… entre le marteau et l’enclume.

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