26 et 27 mai 2020 Carreau du Temple - Paris - France La rencontre capitale des acteurs du packaging de luxe

TROIS QUESTIONS A….  Laurent Nogues, Maître d’Art et fondateur de Créanog

TROIS QUESTIONS A…. Laurent Nogues, Maître d’Art et fondateur de Créanog

Le 17/05/2019

Vous avez choisi de présenter lors de l’Édition spéciale by Luxe Pack quatre PLV. Des modèles que vous avez habillés pour Chanel, Dior et Chaumet. Pourquoi avoir sélectionné exclusivement des PLV alors que votre expertise en matière de gaufrage vous a amené à multiplier cette année encore les chefs-d’œuvre sur les segments de l’édition et de la communication de luxe ?

Le gaufrage, vous l’aurez compris, est mon grand cheval de bataille. Il se trouve que l’univers de la PLV semble avoir (re)découvert cette technique. Depuis deux ou trois ans, dans un contexte de plastic bashing, les PLV en habillages papier gagnent du terrain. Les réalisations que nous présenterons témoignent de l’extraordinaire champ des possibles qu’ouvrent les techniques de gaufrage. Il faut savoir que le gaufrage est largement sous-utilisé – voire mal utilisé – et ce, alors même qu’il permet de répondre à toutes les problématiques de développement durable. De facto, le gaufrage est LA technique d’embellissement écologique par excellence. Non content de ne nécessiter aucun adjuvant (ni encre), les process mêmes de gaufrage sont résolument sustainable : nos matrices peuvent être refondues et réutilisées à l’infini ; nos déchets de production (copeaux de laiton) sont systématiquement réutilisés ; le laiton et le cuivre dont les matrices sont constituées sont recyclables ; nos processus de production sont très peu énergivores et pour finir, la matière même que nous travaillons, le papier, et plus exactement des papiers certifiés FSC, est bien sûr durable par nature.

Précisément, quel type de papier utilisez-vous ?

Essentiellement des papiers mixtes. Nos papiers sont sélectionnés sur leur aptitude mécanique à la déformation c’est pourquoi nous privilégions la mixité des fibres. Les fibres longues vierges sont indispensables étant donné que les fibres recyclées ne sont pas encore assez qualitatives en termes de résistance s’agissant de packaging. Au demeurant, n’oublions pas que si tous les papiers sont recyclables, il y a un prix environnemental à payer : certains processus de recyclage – je pense bien évidemment aux traitements de désencrage -, sont terriblement polluants et gourmands en énergie… Nous restons donc en veille sur toutes les innovations qui concernent le papier. Des pistes existent – comme le papier FibreForm de BillerudKorsnäs qui conjugue fibre recyclées et résistance mécanique via l’intégration de rPET. Et nous n’en négligerons aucune.

Avec des arguments écologiques aussi évidents, comment expliquez-vous que les techniques de gaufrage ne soient pas plus utilisées en packaging ?

Ce sont des techniques qui ont un coût. Mais soyons réalistes : dès lors que nous sommes dans un univers qui se réclame du luxe et alors même que la durabilité est aujourd’hui au cœur des préoccupations de toutes les grandes Maisons, ne devrait-on pas se donner les moyens de ce luxe ? Le luxe se crée par la richesse des métiers d’Art, nier cette richesse au nom d’arbitrages strictement financiers revient à nier la vocation et l’essence mêmes du luxe.

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