26 et 27 mai 2020 Carreau du Temple - Paris - France La rencontre capitale des acteurs du packaging de luxe

Courbet : l’éco-trublion de la place Vendôme

Courbet : l’éco-trublion de la place Vendôme

Le 04/04/2019

Au cœur du pré carré parisien de la haute joaillerie, la Maison Courbet chahute les codes du luxe avec ses pierres écologiques : des diamants de culture créés en laboratoire. Et donc non extraits de mines.

De l’or recyclé et des diamants de culture : au n° 7 de la place Vendôme, la bijouterie Courbet affiche la couleur. Celle d’une joaillerie écologique et éthique ou le high-tech vient se substituer à l’extraction de kimberlite. Ici, point d’excavation XXL venant défigurer les paysages d’Afrique ou d’Australie : tous les diamants sont créés en laboratoire, selon de savants process alliant technologies HPHT (Haute Pression, Haute Température) et CVD (Chemical Vapor Deposition), une méthode qui reproduit les conditions de basse pression dans lesquelles les diamants se forment naturellement.

« Il faut entre trois et quatre semaines de culture pour obtenir un diamant brut », explique Manuel Mallen, co-fondateur avec Marie-Ann Wachtmeister de cette joaillerie de nouvelle génération. « Celui-ci aura les mêmes propriétés physiques, chimiques et optiques qu’un diamant provenant d’une mine. À ceci près que son impact sur l’environnement – et sur les personnes qui travaillent dans les mines – ne sera pas le même… ». En clair, Manuel Mallen, l’affirme haut et fort : « Il est impossible de distinguer à l’œil nu un diamant de culture d’un diamant naturel : la différence entre ces deux pierres est de l’ordre de celle existant entre un bébé et un bébé-éprouvette ».

  • Alter/native

Aux États-Unis, pragmatisme national oblige, cette nouvelle offre a déjà conquis son public : « Il se crée en moyenne une marque dédiée au diamant de culture chaque mois ». C’est que ce type de diamants se négocient de 30 à 40% moins cher que leurs équivalents miniers. Il en va cependant différemment en France – et plus généralement en Europe -, le vieux continent continuant d’entretenir pour sa part une certaine culture de la défiance : « Nous sommes la première joaillerie à travailler (et à revendiquer) ce type de pierres sur la place Vendôme. Il est très étonnant pour nous de constater que c’est le moindre coût même du diamant de culture qui pose problème et freine son développement : à qualités pourtant objectivement égales, il semblerait que ça le rende suspect ».

Les diamants de culture Courbet sont pourtant certifiés par des instituts indépendants (Gemological Institute of America, International Gemological Institute, HRD). Certificats qui attestent notamment des fameux critères de qualité dits des « 4C ».

  • La règle des “4C”

Au sein d’une « portée », nous ne sélectionnons que les plus beaux diamants : ceux qui présentent selon les standards du marché une couleur supérieure ou égale à F et une pureté supérieure ou égale à VS. De fait, les diamants sont classés en quatre catégories : 1A, 1B, 2A et 2B. Les diamants 2A sont considérés comme les plus purs. Or si seuls 2% des diamants de mine sont classés 2A, 100% des diamants synthétiques le sont ».

Et Manuel Mallen d’enchaîner : « Il faut savoir que comme pour le diamant naturel, le diamant synthétique s’évalue en fonction de quatre critères : Carat, Color, Clarity et Cut (la taille du diamant). C’est la règle des « 4C ». À laquelle nous avons ajouté un « C » supplémentaire pour « Conscience » ». Seule limite au diamant de synthèse : sa taille. Au-delà de 2 carats, la production s’avère plus complexe. Et moins lucrative si l’on veut conserver le même niveau de qualité (taux de perte important).

À noter : les collections Courbet seront bientôt distribuées au Printemps Haussmann et la Maison prévoit d’ouvrir une pouponnière pour diamants dans le sud-ouest de la France à l’horizon 2020. Diamants dont les écrins sont fabriqués en Bretagne dans un atelier indépendant qui travaille le cuir recyclé : « Le matériau de base est produit à partir de chutes de cuir broyées puis amalgamées avec du latex naturel (hévéa) pour former une pâte qui sera ensuite travaillée comme du cuir ». Des écrins no métal (les systèmes de fermeture sont à pattes croisées), intégrant des colles d’origine naturelle.

« Nos contre-boîtes sont en carton recyclé, pliées en origami pour éviter tout usage de colle et nos sacs boutique sont (bien sûr) en papier recyclé »

Manuel MALLEN Fondateur

Linkedin
Viadeo
Imprimer