26 et 27 mai 2020 Carreau du Temple - Paris - France La rencontre capitale des acteurs du packaging de luxe

TROIS QUESTIONS A…. François-Michel Lambert, président cofondateur de l’Institut National de l’Économie Circulaire

TROIS QUESTIONS A…. François-Michel Lambert, président cofondateur de l’Institut National de l’Économie Circulaire

Le 18/03/2019

  • Vous avez fondé l’Institut National de l’Économie Circulaire en 2013. Avec quelque 200 membres actifs (entreprises mais aussi collectivités, associations, universités et ONG), l’INEC est aujourd’hui l’une des principales structures françaises (et européennes) en matière d’économie circulaire : comment se positionne la France sur ce chapitre ?

On avance et le chemin parcouru est considérable : j’ai été vice-président de la commission développement durable de l’Assemblée nationale et je me souviens très clairement qu’il y a seulement six ans, lorsque j’évoquais la question de l’économie circulaire dans l’Hémicycle, on me riait gentiment au nez. Aujourd’hui, le concept ne fait plus rire personne. Bien au contraire. Il est parfaitement intégré. Et récupéré de toutes parts…

  • Parmi vos membres, les entreprises du luxe et les acteurs de l’industrie du packaging semblent briller… Par leur absence : comment l’expliquez-vous ?

Ce n’est pas tout à fait exact. Les choses se mettent en place. Nous avons récemment été approchés par l’une des plus prestigieuses signatures du groupe LVMH qui s’intéresse de près à la question et qui n’exclut pas la possibilité de repenser ses modèles. Par-delà l’exemplarité dont elles sont porteuses, les entreprises du luxe ont toutes les raisons d’être des précurseurs sur le terrain de la circularité. Je ne suis pas le seul à penser que l’économie circulaire aurait dû s’appeler « économie de la ressource ». L’économie circulaire doit faire l’objet d’une approche systémique, holistique et il faut cesser de ne la considérer que sous l’angle du recyclage : fondamentalement, sa vocation est de questionner notre rapport et notre relation aux ressources en s’interrogeant de savoir comment créer le plus de valeur(s) possible(s) par kilo de ressource/matière mobilisé. Qu’il s’agisse de matière inerte ou de matière vivante, chaque gramme doit être pensé et réfléchi dans une logique d’épure et de respect : on a arraché quelque chose à la terre – et j’emploie le mot « arracher » à dessein – que l’on doit respecter en l’utilisant au mieux. Et il ne s’agit bien sûr pas simplement de valeur financière mais bien de valeurs globales, humaines. Or la création de valeurs – et je dis bien valeurs au pluriel -, est au centre des logiques du luxe…

  • Pour adopter cette approche en forme de retour aux sagesses ancestrales, l’INEC veut fournir aux entreprises des outils concrets …

Oui : nous fonctionnons tout à la fois comme un atelier de réflexion, un laboratoire d’idées, une agence de communication, une structure de formation et d’accompagnement… Et une maison d’édition puisque nous publions des études et des guides de bonnes pratiques. Pour piloter leurs éco-stratégies, les entreprises ont besoin d’indicateurs fiables qui leur permettront de mesurer leur degré de circularité et ses effets sur l’environnement. C’est d’ailleurs l’une des dernières études que nous avons publiées (Les indicateurs de l’économie circulaire pour les entreprises) qui a incité la maison que j’évoquais précédemment à nous contacter. Mais nous ne nous bornons pas à concevoir des référentiels. Nous voulons également donner des pistes concrètes aux entreprises. Dans l’industrie du luxe par exemple, privilégier l’usage à la possession dans une logique d’économie de la fonctionnalité constitue une piste (location de robes, sacs et chaussures de luxe). Le refill est un autre levier force, notamment en parfumerie : quand on y réfléchit l’essence de Chanel ou de Guerlain, ce n’est pas le flacon mais bien l’effluve, le « jus ». Guerlain l’a d’ailleurs bien compris et le lancement de ses boutiques-concepts Guerlain Parfumeur depuis 1828 en témoigne : là, l’ultra-personnalisation est au cœur de l’expérience client. Au cœur de chaque boutique, on trouve un atelier de personnalisation qui permet de créer son flacon en pièce unique. Flacon qui peut être rempli à l’envi, directement à la source d’une fontaine à parfum…

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