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TROIS QUESTIONS A….  Anthony Boule, cofondateur de l’agence d’éco-conception Mu

TROIS QUESTIONS A…. Anthony Boule, cofondateur de l’agence d’éco-conception Mu

Le 22/02/2019

  • À mi-chemin entre design et ingénierie de l’environnement, vous avez créé avec François-Xavier Ferrari l’agence Mu en 2010. Formation, éco-amélioration d’un produit existant ou développement d’éco-produits nouveaux : Mu a depuis lors accompagné des dizaines d’entreprises dans leur réflexion comme dans la mise en œuvre de stratégies environnementales (Sephora, Dior, Hennessy…). En presque dix années, comment les lignes ont-elles bougé sur le terrain de l’éco-conception ?

Le premier constat est que nous ne sommes plus aujourd’hui obligés de convaincre nos interlocuteurs de l’importance d’agir dans le sens de la réduction de l’impact environnemental de leur activité : marques et maisons en sont pour la plupart déjà pleinement conscientes. Désormais, notre effort vise plus à les sensibiliser sur la nécessité d’élargir leur périmètre d’attention. Historiquement par exemple, le packaging a toujours été un cheval de bataille privilégié en matière d’éco-conception. Mais il ne saurait y avoir d’éco-conception sans une approche globale, c’est-à-dire systémique : il faut tout prendre en considération, le packaging, le produit, les modes de distribution, la phase d’utilisation… Du cycle de vie complet du couple contenant/contenu jusqu’à la boutique physique même où il sera vendu, l’idée est de tenir compte de tous les leviers existants pour optimiser le service rendu tout en minimisant les impacts prioritaires du produit. C’est pourquoi nous nous attachons à travailler sur tous les maillons de la chaîne de valeur.

  • Un vaste terrain de jeu pour les marques : sur quels points portent plus précisément leurs demandes ?

C’est variable. S’agissant des start-up et des jeunes marques nous sommes souvent sollicités pour un accompagnement complet en développement produit (depuis l’élaboration du business plan jusqu’à la mise sur le marché en passant par le design). Les grands comptes nous consultent quant à eux plutôt pour améliorer des produits existants mais aussi pour former leurs équipes : c’est le cas par exemple de la maison Louis Vuitton. Et c’est un vrai sujet : de nombreuses marques de luxe disposent d’une stratégie environnementale établie mais il leur faut encore l’implémenter : elles ont besoin de former concrètement leurs équipes en s’adressant à tous les métiers (service achats, direction industrielle, service design, marketing…).

  • Après la prise de conscience évoquée plus haut, il s’agirait donc de la prochaine étape à franchir ?

Incontestablement. Nous y allons progressivement. Pour les grandes entreprises, la démarche d’éco-conception relève souvent plus d’une démarche d’amélioration en continu. Un pas après l’autre. Mais pour pouvoir faire ces pas, il faut que l’opérationnel suive. Et que suivent également les mentalités, tout spécialement sur le segment du luxe : lever les résistances au changement, se (re)poser la question de ce qui fait réellement luxe aujourd’hui, en finir avec l’autocensure… C’est en challengeant les anciens codes du luxe tout en garantissant la pertinence environnementale des solutions proposées que nous serons en mesure de changer la donne.

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