26 et 27 mai 2020 Carreau du Temple - Paris - France La rencontre capitale des acteurs du packaging de luxe

TROIS QUESTIONS A…. Michel Fontaine, président du Conseil National de l’Emballage

TROIS QUESTIONS A…. Michel Fontaine, président du Conseil National de l’Emballage

Le 22/01/2019

Quel regard portez-vous sur ce nouveau rendez-vous dans le monde de l’emballage ?

Dédier chaque année un salon tout entier à un seul et unique sujet est une démarche de fond intéressante et j’aime l’idée que Paris aura désormais son Edition Spéciale by Luxe Pack. En tant que président du CNE, je ne peux par ailleurs que saluer le choix qui a été fait, de consacrer cette première édition à la question de l’innovation en matière d’éco-conception. Il y a une évidence dans ce choix. Une évidence qui rejoint l’un de nos axes stratégiques du travail puisque depuis 1997, le CNE accompagne les acteurs du monde de l’emballage dans le sens de démarches toujours plus responsables et toujours plus durables.

 

Sur le segment du packaging des produits de luxe, on évoque souvent la difficulté de concilier esthétique premium (suremballage, multiplication des décors et des ornements…)  et enjeux environnementaux. Quel est votre sentiment ?

Je crois que c’est un faux débat. Le luxe a démontré sa capacité à être locomotive sur le terrain du packaging durable. D’abord parce que l’éco-conception ne concerne pas exclusivement la réduction des emballages mais aussi la qualité des matériaux mis en œuvre. Or les maisons de luxe sont souvent les plus en mesure d’intégrer dans leur packaging des matériaux de qualité. Cette qualité confère aux emballages une longévité et une valeur ajoutée qui va inciter le consommateur à les conserver en exaltant une fonction re-use. C’est notamment le cas avec les coffrets. Ensuite, parce que la vocation d’une maison de luxe est d’améliorer sans cesse ses nouvelles générations de produits. Enfin, parce que le haut de gamme a réinventé les rechargeables. La rechargeabilité constitue une avancée majeure pour la planète. En même temps qu’un levier de fidélisation non négligeable pour les marques.

 

Prescripteur de bonnes pratiques en matière d’emballages durables, le CNE fonctionne aujourd’hui à la manière d’un think tank en donnant aux entreprises les moyens de plus et mieux réfléchir à la façon dont elles conçoivent et diffusent leurs produits. Si vous ne deviez retenir qu’une seule innovation « verte », quelle serait celle qui ces dernières années vous semble avoir été capitale ?

Je crois qu’il s’agit de l’intégration de matières plastiques recyclées dans les plastiques alimentaires. Certes, pour l’heure cela ne concerne pas directement l’emballage des produits de luxe mais cette technologie qui était tout simplement inimaginable il y a seulement dix ans, pourrait bien trouver sur les marchés du luxe des prolongements naturels (je pense aux segments de la cosmétique et du maquillage). Dans un contexte de plastic bashing avéré, la capacité des fournisseurs à réinventer le plastique démontre qu’une fois adossé au mur, l’impossible peut devenir possible. Parvenir à un grade alimentaire avec des plastiques qui ont déjà servi est une avancée fondamentale dans un monde où l’on sait très bien qu’à défaut de pouvoir totalement éradiquer le plastique, optimiser sa gestion est devenu un enjeu crucial.

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